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Projets en cours L'immonde du travail |  | Auteur | : | Gérard Menvusla | | Type | : | Roman | | Nombre de pages | : | 180 | | Format | : | 14 X 21 | | Sortie | : | fin d'année 2010 | | | | | | | | |
Résumé
Vous connaissez sans doute Bear Grylls, le type un peu, voire beaucoup cinglé de l'émission " Man vs Wild "… Il doit survivre seul avec sa b…. et son couteau dans les milieux les plus hostiles de la planète : Marais infestés de crocodiles aux dents longues, étendues désertiques où même les mirages ne se font plus d'illusions, montagnes tellement gelées que les ours doivent porter des doudounes et je ne sais quoi d'autre encore. Pour nous montrer ses incroyables péripéties, il est suivi par une équipe de caméramans qui lui collent aux basques du matin au soir. C'est passionnant, surprenant, dépaysant… Sur une chaine numérique dont je tairais le nom puisqu'elle est concurrente de celle qui me produit, je l'ai ainsi vu boire son urine, dormir dans un dromadaire (mort… je vous rassure), faire une bouée avec son pantalon, manger des couilles de bouc à s'en rendre chèvre à moins que ce ne soit l'inverse et tout un tas de trucs dont je ne croyais pas un humain capable. Au bout du compte ou de l'épisode, si vous préférez, cet adepte anglais du survivalisme doit retrouver son chemin, enfin celui de la civilisation.
Forcément, comme dans toute bonne émission télévisée qui se respecte, il y en a une autre du même genre sur une autre chaine… Pas à la même heure, mais presque. Là bas, c'est un canadien nommé Less Stroud qui officie, mais lui, il part seul avec du matériel et notamment ses caméras pour pouvoir se filmer. Le but est de survivre une semaine complète avant d'être rapatrié par son équipe… Vous avez noté ? Un anglais, un écossais… Vous imaginez la suite ? Vous ne croyez tout de même pas qu'on allait laisser la poule aux œufs d'or aux anglophones ! Moi, je vous propose une version française incontestablement plus dangereuse et plus couillue. Je m'appelle Gérard Menvusla et je vais essayer de survivre une quinzaine de jours dans une boîte d'informatique normande. Comment ? C'est très simple, l'équipe de production m'a grimé de façon à ressembler sans équivoque à Constantin Schnack un responsable clientèle de l'entreprise. La maquilleuse a tellement fait un boulot génial que le chien de Constantin me fait la fête et remue la queue à tout rompre lorsqu'il me voit. Même sa mère s'y tromperait, sa femme aussi d'ailleurs… Enfin, presque. Mais ne soyez pas inquiets pour autant et pour Constantin. Ce pauvre type touche la modique somme de trente mille euros pour jouer le jeu alors qu'il ne va jouer à rien du tout puisque j'irai bosser à sa place. Fainéant !
Comment vais-je faire vous me direz ? Je vous répondrai que son boulot n'est pas si compliqué qu'il en a l'air. Et, puis pour son salaire de ministre, Constantin ma tuyauté sur son job à raison de deux heures chaque soir pendant un mois. Mais attention, il ne m'a renseigné que sur les logiciels sur lesquels il travaille ainsi que les procédures basiques qu'il doit respecter. Du factuel, uniquement du factuel, pas d'opinion, surtout pas d'opinion. Pour le reste… Ses collègues, ses habitudes, les mœurs en vigueur, l'organisation de la boîte… Je devrais globale-ment improviser, même si j'ai accès au trombinoscope et à d'autres documents de référence de l'entreprise sur une clé USB. Cela doit rester une plongée à cœur ouvert comme si j'étais un explorateur en culotte courte perdu au milieu d'une jungle hostile avec ses tribus indigènes mangeurs d'hommes. C'est ma cinquième émission, le concept a toujours fonctionné et personne ne m'a jamais démasqué lors de mes précédentes. Avec mon physique de passe-partout et mon sens de l'anticipation, j'ai déjà été garçon-boucher un peu bouché à Rungis, caissier dans un Carrefour situé dans une impasse, vendeur de chaussures un peu fétichiste à la hall aux chaussures ou encore serveur atypique dans un restaurant classieux à Monaco. Ces épreuves furent difficiles mais chaque fois, j'en suis ressorti vivant, grandi et plus riche… d'enseignements que j'ai été incapable malheureusement de garder en tête plus d'une semaine entière. Mais revenons à nos moutons. Pour réaliser ma mission, aussi périlleuse soit-elle, la production a installé une webcam invisible à l'œil nu sur l'ordinateur portable de Constantin. Quant à moi, je suis tellement truffé de caméras et de micros miniatures que cela en devient gênant… Surtout quand je vais aux toilettes. Pour le reste, Constantin n'a fait que répondre à un casting comme des dizaines de milliers d'autres internautes. Il a été sélectionné notamment car il pèse le même poids que moi et mesure la même taille aussi à quelques millimètres près. Son visage aussi est assez proche du mien, le pauvre. L'idée, c'était aussi de lui faire gagner un voyage de quinze jours au soleil à l'autre bout de la planète pendant lequel je prendrais sa place. En échange, il me prête sa maison… et sa femme. En tout bien, tout honneur, forcément car je dors dans la chambre d'amis. Si jamais l'expérience devait tourner mal… Licenciement ou cocufiage, notre vacancier toucherait un joli pactole de cinquante mille euros sous forme de dédommagement. Le jeu en vaut donc la chandelle, pour lui, comme pour moi… Lui l'argent, moi la gloire…
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